Jeudi 20 Novembre 2008
   Politique    Publié le: 05/10/2008
Alassane Dramane Ouattara :
“Je suis prêt à être le fédérateur que vous voulez”
Le président du RDR a présenté à la faveur de la convention de son parti, son discours programme. Une véritable révolution dans le milieu politique ivoirien. Tant il prend en point tous les domaines socio professionnels. De la santé à l’éducation, de l’agriculture au logement, de la réduction de la pauvreté à l’habitat. Le candidat du RDR passe en revue tous les besoins de ses compatriotes et propose des solutions adéquates. Tout un programme. L’intégralité de son discours qui fera tâche d’huile.

Chers amis, merci de me manifester une fois de plus votre soutien.
Chers frères et sœurs Républicains, merci de vous être Rassemblés.
Merci de vous unir, de vous réunir, dans ce lieu symbolique, la Fondation Félix HOUPHOUËT-BOIGNY pour la recherche de la Paix : le choix de ce lieu est un message ; le choix de ce lieu, c’est déjà tout un programme.

Chers compatriotes,
Aujourd’hui, je viens vous parler de Passion, de Pardon et de Paix.
Je viens vous parler de Passion. Ma Passion pour ma Côte d’Ivoire.
Je viens vous parler de Pardon. Le Pardon entre tous les Ivoiriens.
Je viens vous parler de Paix. La Paix pour tous les fils et toutes les filles de notre beau pays.

Je suis Alassane Dramane Ouattara. On m’appelle ADO !
J’aime mon pays. De tout mon cœur, de toute mon âme. La Côte d’Ivoire, c’est ma passion ; c’est mon passé, c’est mon présent et c’est mon futur.
C’est par amour pour la Côte d’Ivoire que j’accepte aujourd’hui, d’être votre candidat à l’élection présidentielle.

Madame le Ministre d’Etat Henriette DAGRI- DIABATE, Secrétaire Général du RDR, Permettez-moi de vous rendre hommage pour votre soutien sans faille, pour votre dévouement et pour la campagne intense que vous menez sur le terrain. Votre exemple mérite d’être suivi.

Monsieur le Ministre d’Etat Amadou Gon COULIBALY, mon Directeur de campagne, je voudrais vous féliciter pour le travail remarquable d’organisation et de mobilisation que vous accomplissez, particulièrement dans le cadre de cette campagne et pour cette belle fête que vous nous offrez.

J’exprime ma gratitude à toutes celles et à tous ceux qui y ont contribué, à des degrés divers : Mesdames et Messieurs les Directeurs de Campagne ainsi que toutes les Militantes, tous les Militants, toutes les Sympathisantes et tous les Sympathisants.

Je voudrais remercier chaleureusement les représentants du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et des Forces Nouvelles pour leur présence amicale.

Eminences chefs religieux et guides spirituels, je vous salue respectueusement et vous remercie pour votre contribution au retour d’une paix durable en Côte d’Ivoire.

Honorables Chefs traditionnels, je vous salue avec déférence parce que vous êtes les symboles d’une Côte d’Ivoire moderne et enracinée dans ses cultures et ses traditions,

Populations de Yamoussoukro, ville natale de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, notre capitale, merci pour votre hospitalité légendaire et pour cet accueil si chaleureux

Mesdames et Messieurs les représentants de la société civile, des syndicats, des organisations professionnelles, merci de votre présence à ce rendez-vous capital.

Merci à tous les orateurs qui m’ont précédé et qui ont tenu des propos si aimables à mon endroit.
Merci aussi à vous tous Mesdames et Messieurs, vous qui êtes témoins de ce grand rendez-vous,
Merci à toutes celles et tous ceux qui communient avec nous à cet évènement, grâce aux chaînes de télévision, de radio et via Internet.

Merci au personnel médical, aux journalistes qui sont venus nombreux, aux techniciens de différents métiers, aux hôtesses, aux agents de sécurité, dont le concours nous est si précieux.



Chers Compatriotes, Militantes et Militants
Chers frères, chères sœurs,

Il y a huit mois, vous m’aviez fait l’insigne honneur de me désigner comme votre candidat à la prochaine élection présidentielle. C’était le 3 février dernier, au terme d’un congrès inoubliable dont nous sommes sortis régénérés et déterminés ; inoubliable par notre farouche volonté de construire, ensemble, une Côte d’Ivoire nouvelle, une Côte d’Ivoire plus fraternelle, plus solidaire, plus unie.
Vous m’avez jugé digne de vous représenter dans une compétition, qui sera décisive pour le destin de notre Nation et pour l’avenir de tous nos compatriotes.
A toutes et à tous, je voudrais vous redire ma profonde reconnaissance pour le choix que vous avez porté sur ma modeste personne.

En échange de la confiance que vous me témoignez, j’offre mon dévouement et ma détermination à nous conduire à la victoire, en définissant un cap pour notre pays et en rassemblant tous nos compatriotes autour d’un projet capable de réconcilier la Côte d’Ivoire avec elle-même, avec l’Afrique et le monde.
Chacun d’entre nous convient qu’il s’agit là d’une lourde responsabilité ; une lourde responsabilité que je porte sur mes épaules ; une lourde responsabilité aussi pour vous qui me soutenez.
La redoutable mission que vous m’avez confiée consiste à tracer un nouveau chemin pour la Côte d’Ivoire, le chemin de la paix, après tant d’années de déchirures et d’incompréhension. Nous devons proposer des perspectives crédibles à toutes les Ivoiriennes et à tous les Ivoiriens qui désespèrent, qui ne croient plus en un avenir meilleur.
Ai-je le droit, malgré l’ampleur de la tâche qui nous attend, de ne pas accéder à votre demande ?
Non ! Je ne le peux pas.
Je ne le peux pas, parce je mesure la force du lien qui m’attache à chacune et à chacun de vous.
Je ne le peux pas parce que je me sens concerné par le sort de celles et de ceux qui vivent dans l’angoisse de la pauvreté, qui ne peuvent pas se payer un repas par jour, qui ne peuvent pas se soigner, qui ne peuvent pas se loger décemment et qui ne peuvent pas donner une éducation digne à leurs enfants.
Je ne le peux pas parce que nous nous battons depuis quatorze ans pour une cause noble : rendre leurs droits et leur dignité à celles et à ceux qui en sont privés ; agir pour que chaque Ivoirienne, chaque Ivoirien, où qu’il se trouve, ait droit à la citoyenneté et au bonheur ; donner la chance à chacune et à chacun de s’épanouir au-delà de sa situation de naissance, permettre à chacune et à chacun de se réaliser, faire progresser les libertés et, enfin, combattre l’injustice.
Je ne peux pas vous décevoir, au regard du grand espoir que nous avons suscité, comme en témoigne, encore une fois, cette mobilisation exceptionnelle d’Ivoiriennes et d’Ivoiriens venus de tous les horizons.
Non ! Je ne peux pas me dérober parce que, en me désignant comme votre candidat, vous m’offrez un privilège inestimable : la possibilité de me rendre utile à mon pays.
C’est tout le sens de mon engagement en politique. C’est aussi mon engagement en tant qu’être humain.

Devant vous qui êtes rassemblés ici à la Fondation Félix HOUPHOUET-BOIGNY et devant toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens, je réitère toute ma disponibilité à servir mon pays. J’ai tout abandonné pour servir mon pays, parce que je l’aime profondément.
OUI, je suis prêt à être le fédérateur que vous voulez, celui qui est capable de canaliser toutes les forces qui s’expriment, ici comme ailleurs, avec tant d’enthousiasme.

Je suis prêt à tous les sacrifices, à tout donner, mon énergie, mon temps, tout, pour réaliser notre seule ambition : construire ensemble, dans LA PAIX, une société de fraternité, de solidarité et de justice qui redonnera la fierté aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens, en bâtissant une Côte d’Ivoire nouvelle.
Et vous ? Etes-vous prêts ?
Êtes-vous prêts à participer entièrement à cette belle aventure jusqu’à la victoire finale pour une Côte d’Ivoire nouvelle ?
Puisque vous êtes prêts à vous engager totalement, alors j’aimerais vous dire que tant que j’aurai un souffle de vie, je le consacrerai totalement à ce combat pacifique pour la conquête démocratique du pouvoir.

Je prendrai ma part, toute ma part, à cette campagne qui nous donnera l’opportunité de défendre nos idées et d’expliquer comment nous entendons mettre en œuvre la transformation nécessaire pour permettre à la Côte d’Ivoire de s’adapter à un monde en pleine mutation.
Oui, j’accepte donc avec humilité d’être votre candidat, le candidat de tous les ivoiriens, assuré de l’engagement total à mes côtés de ma merveilleuse épouse Dominique dont les conseils et le soutien ne m’ont jamais fait défaut, de mes enfants, Dramane, Fanta, Loïc et Nathalie qui me témoignent tant d’affection et des grandes familles OUATTARA et CISSE qui m’apportent la bénédiction de mes ancêtres de Kong et d’Odienné.

Chers frères, chères sœurs, chers compatriotes,

Cependant, nous aurions tort de nous laisser aller à la facilité et de penser que ces moments de communion suffisent à garantir notre victoire.
Ici comme ailleurs, il n’y a pas de recette miracle ! Seul le travail nous ouvrira la voie du succès.
Qu’on ne se méprenne pas ! La campagne électorale sera rude. Elle exigera une mobilisation totale, une disponibilité de tous les instants, une capacité à aller vers les autres, à s’ouvrir à tout le monde, notamment à ceux qui n’ont pas la même sensibilité que nous, ou qui sont tout simplement désabusés.
Nous devons être en mesure de provoquer un véritable élan dans le peuple, d’entraîner dans notre sillage toutes les bonnes volontés et de relayer partout en Côte d’Ivoire nos messages d’unité, de fraternité, de solidarité et surtout de paix.
J’ai confiance en vous. Vous qui partagez les mêmes convictions et les mêmes idéaux que moi, vous qui m’honorez de votre attachement et de votre affection.
Dès lors que nous avons le même objectif, nous devons donner le meilleur de nous-mêmes et considérer que chacun de vous est candidat au même titre que moi et qu’il est le garant et l’artisan de notre victoire.


Chers compatriotes,

Une question m’est souvent posée. Pourquoi faites-vous de la politique ? Je ne peux l’éluder pour la simple raison qu’elle est devenue récurrente. Je ne m’en suis jamais préoccupé réellement, estimant que la réponse relevait de l’évidence.
Il faut aujourd’hui clarifier les choses pour lever les ambiguïtés.
Pourquoi cette question ?
Est-ce à cause de mon parcours professionnel ?
Des épreuves que j’ai traversées ?
Des aléas de la vie politique ?
N’aurais-je pas dû faire autre chose que de la politique alors que d’autres voies plus paisibles s’offraient à moi dans mon pays comme à l’extérieur?
J’ai choisi cependant de faire de la politique avec tous les risques que cela comporte. Alors, pour quelles raisons ?

Tout d’abord, j’ai acquis une bonne expérience aussi bien au plan national qu’international. Avec une vie si bien remplie, il faut donner en retour, il faut agir pour ses compatriotes qui ont besoin de vous.
Par ailleurs, en faisant de la politique, je pense réaliser un idéal. J’entends contribuer au bonheur de chaque Ivoirienne et de chaque Ivoirien, quelles que soient son ethnie, ses origines, la couleur de sa peau, son appartenance religieuse et sa condition sociale.
Si je me suis engagé en politique, c’est aussi parce que j’aime profondément la Côte d’Ivoire et que j’ai une grande ambition pour mon pays qui a droit a un grand destin.
Enfin, je crois en des valeurs ; des valeurs de paix et de justice sociale, des valeurs de liberté et de solidarité, des valeurs de démocratie.

Mes chers frères, mes chères sœurs,

On ne s’interroge pas seulement sur mes motivations en politique, mais j’entends également dire que je ne suis pas un « professionnel de la politique » !
Si la politique n’est pas saine et qu’elle se réduit à un jeu pour s’enrichir, alors je ne suis pas un « professionnel de la politique ».
Si par contre, la politique c’est la recherche du bonheur de nos concitoyens, dans ce cas, elle correspond à ma vision !
La politique à laquelle je crois est exigeante parce qu’elle s’appuie sur la morale et des convictions fortes. La politique ne s’improvise pas ! Elle exige une formation, qui s’acquiert avec le temps, l’humilité, le courage et l’expérience, celle des réussites comme celles des échecs.

Dans mon cas, j’ai eu, par-dessus tout, la chance inestimable d’apprendre aux côtés d’un Homme d’Etat exceptionnel, le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY qui représente à lui seul une école de la vie.
L’expérience que j’ai acquise à ses côtés est irremplaçable. Il m’a enseigné que pour faire bouger la société, il faut de l’énergie, de l’ambition et le don de soi.
A l’évidence, celui que nous regrettons tous aujourd’hui, le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY a joué un rôle majeur dans mon parcours personnel, en me désignant d’abord comme Gouverneur de la BCEAO, ensuite en me nommant Président du Comité interministériel de coordination du Programme de stabilisation et de relance économique et enfin en me choisissant comme Premier Ministre de la République. Je lui dois une grande reconnaissance pour m’avoir fait confiance et pour m’avoir fait partager sa foi inébranlable en la paix.
Ma grande fierté est d’être resté fidèle et loyal à sa personne, à ses valeurs ainsi qu’à ses idées.

Pendant les moments où j’ai eu le privilège d’assurer son intérim, je n’ai eu qu’un souci : défendre les intérêts de mon pays, assurer la cohésion nationale et être conforme à la pensée de ce grand homme.

Ce matin, comme chaque fois que je vais me recueillir sur sa tombe dans le caveau familial, j’ai senti battre le cœur de la Côte d’Ivoire, parce qu’en ce lieu repose, pour l’éternité, un homme exceptionnel qui avait un grand dessein pour son pays.
Je ferai tout pour être digne de l’héritage qu’il nous a légué.

Chers compatriotes,

Y’ a-t-il meilleur endroit que Yamoussoukro, qui a vu naître le Premier Président de la Côte d’Ivoire indépendante, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, celui qui a su si bien incarner la nation ivoirienne dans sa globalité, pour appeler tous les Ivoiriens à œuvrer pour la paix ?
Y’a-t-il meilleur endroit que Yamoussoukro, village dont Félix HOUPHOUËT-BOIGNY a été le Chef pour affirmer haut et fort que nous pouvons marcher ensemble vers le renouveau, que la renaissance est possible et que la Côte d’Ivoire est en mesure de tenir son rang en Afrique et dans le monde ?

Je me souviens avec émotion qu’en ces mêmes lieux, le 5 Octobre 1990, six mois seulement après ma nomination comme Président du Comité interministériel, le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, m’invitait à prendre la parole à la séance de clôture du 9ème Congrès du PDCI- RDA.
Ce discours, le premier après l’ouverture au multipartisme, traduisait déjà notre ambition de construire dans la paix, un état moderne ainsi que notre volonté de nous adapter sans transiger aux immenses défis d’un monde nouveau.

Le rêve était alors permis, malgré les difficultés auxquelles notre pays était confronté dans les années 1990. La Côte d’Ivoire disposait de beaucoup d’atouts.



Chers compatriotes,

Un tel optimisme est-il de mise aujourd’hui ? Pour beaucoup d’entre vous, je suis persuadé que la réponse est non. Pourquoi ? Parce que la Côte d’Ivoire est fatiguée et déprimée !
En l’espace de quelques années, la situation générale, au plan économique comme au plan social, s’est dégradée à un point tel que le désarroi et le pessimisme nous envahissent.
Malgré cette situation de déliquescence, peut-on dire que la Côte d’Ivoire est condamnée irrémédiablement au déclin, ou au contraire, peut-elle s’en sortir ?
Quelle stratégie faut –il élaborer pour faire repartir notre pays et engager toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens dans une nouvelle voie : la voie de la concorde nationale, du consensus et du progrès social ?
A mes yeux, c’est tout l’enjeu des prochaines élections présidentielles.

Alors, quel est mon projet pour notre pays ? Avant de l’exposer dans ses grandes lignes, il est important de savoir précisément où nous en sommes aujourd’hui et de quels maux souffre la Côte d’Ivoire.
Car, pour agir efficacement, j’ai besoin d’appuyer mon action sur une bonne connaissance de la réalité.

Le constat selon lequel nous sommes en crise ne fait pas l’objet de débat. Reste maintenant à déterminer la nature de la crise à laquelle nous sommes confrontés depuis plusieurs années.

Chers compatriotes,

La crise est avant tout économique : Quand on jette un regard sur le tableau de bord de notre économie, on est frappé par le fait que d’une manière générale l’activité économique stagne, malgré les succès enregistrés dans les secteurs du pétrole et des télécommunications. Le taux de croissance n’a pas été suffisamment élevé ces dernières années et rarement on aura vu autant de secteurs économiques sinistrés!
Si rien n’est fait, les évolutions démographiques risquent d’accentuer ce handicap.

Cette crise économique est aggravée par la situation des finances publiques. Il ne peut en être autrement quand on traîne comme un boulet une dette extérieure de 6000 milliards de FRANCS CFA.
6000 milliards ! Voilà un chiffre qui donne le vertige. 6000 milliards ! Vous vous imaginez ? C’est 60% de la richesse que nous produisons annuellement.
Avec un tel endettement, on peut dire que la Côte d’Ivoire vit au dessus de ses moyens et qu’elle a cédé à la facilité. Cela signifie que nous vivons à crédit, donc sur le dos de nos enfants et petits enfants qui devront payer pour nous.

Chers frères et sœurs,

La crise est également sociale. On n’a pas besoin d’être économiste pour constater que les ivoiriens sont de plus en plus pauvres. Les chiffres parlent d’eux- mêmes : le pourcentage des pauvres est passé de 30% il y a 15 ans à 5O% aujourd’hui.
La pauvreté est une réalité en Côte d’Ivoire. Elle est partout au cœur des villes et des villages. Elle touche aujourd’hui des couches de la population qui semblaient jusqu’alors en être protégées.

Savez-vous que l’espérance de vie est passée de 55 ans à 46 ans pendant cette période?
Savez-vous que 1 enfant de moins de cinq ans sur 3 souffre de malnutrition ?
Savez vous que 2 personnes séropositives sur 3 ne sont pas traitées ?
Dans notre pays, on meurt tous les jours du SIDA, alors que les médicaments existent, et que les coûts ont baissé.
Au-delà des statistiques, chacun imagine aisément le drame que vivent quotidiennement des millions d’Ivoiriens.

Chers compatriotes,

Combien de fois, sommes nous abordés dans les carrefours, dans les rues par des enfants déscolarisés, les namans, qui demandent de l’aide pour manger ?

Combien de fois, sommes nous sollicités pour payer une ordonnance ou des frais de scolarité ?
Il ne faut pas se voiler la face ! Ce phénomène est révélateur de la grande pauvreté qui sévit dans notre pays. Ce n’est pas exagérer de dire qu’il y a deux Côte d’Ivoire : la Côte d’Ivoire de ceux qui « peuvent » et la Côte d’Ivoire des pauvres, les plus nombreux.
Les causes de cette pauvreté dramatique sont nombreuses.
J’en retiendrai deux essentiellement :
La diminution du pouvoir d’achat aggravée par la cherté de la vie et le chômage de masse qui frappe toutes les couches sociales.

Chers compatriotes, chers frères et sœurs,

Combien de gens qui avaient un emploi se retrouvent dans la rue parce que leur entreprise a fermé ? Perdre son emploi, cela peut arriver à chacun d’entre nous.
Savez-vous que plus d’un tiers de la population en âge de travailler est sans emploi et que 85% des chômeurs ont moins de 35 ans ? Vous les jeunes, vous le savez, vous n’avez pas besoin de statistiques ; car vous le vivez !
Vous les jeunes, vous êtes les plus touchés par ce phénomène !
N’ayant pas de perspective, vous vous demandez à quoi vous servez exactement !
Quand je vous rencontre, j’entends toujours : « Papa Ado, aide- nous à trouver du travail ». Dans votre message, il est clair que vous avez peur de l’avenir, mais surtout que vous avez peur de ne pas avoir d’avenir.
Jeunes de Côte d’Ivoire, n’acceptez pas cette situation intolérable et scandaleuse.
Jeunes de Côte d’Ivoire, vous qui êtes la vraie chance de notre pays, vous voulez un avenir, vous voulez un emploi, alors, venez- vous battre à mes côtés parce que j’ai des solutions à vos problèmes !

Devant une telle situation, on ne peut pas être surpris de la dégradation du climat social, de la montée de la délinquance et de l’insécurité, des difficultés de cohabitation entre les différentes communautés.
Le malaise est profond ! Les ivoiriens ont peur et se sentent mal dans leur peau.

Chers frères, chères sœurs, mes chers Compatriotes,

Crise économique, crise sociale, je viens de le souligner. Mais ce qui m’apparaît autrement plus grave encore c’est la crise morale. Une crise d’une ampleur sans précédent.
Comment se manifeste la dimension morale de cette crise ? Plusieurs signes la caractérisent.
Les ivoiriens ne croient plus aux hommes et aux femmes politiques parce qu’ils ont le sentiment qu’ils ne cessent de leur mentir, de les tromper !
Faute de repères et de valeurs, nos compatriotes se laissent aller. Un mot d’ordre a fini par s’imposer devant la persistance de la crise : « chacun pour soi ». Les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général : clientélisme dans les nominations, affairisme généralisé, irrespect des règles et j’en passe !

Crise économique, crise sociale, crise morale. Rien ne nous aura été épargné ces dernières années.
Ce tableau ne serait pas complet si je ne faisais pas état de la partition du pays ; partition qui est consécutive à une rébellion au sein des Forces Armées Nationales. Les conséquences sont connues : les nombreuses pertes en vies humaines, les déplacements de population, l’appauvrissement accéléré d’une partie de la population, l’aggravation de l’insécurité avec le phénomène des milices ainsi que l’arrêt des activités économiques.
S’il y a un enseignement à tirer de cette situation déplorable, c’est que le développement d’une nation repose sur deux facteurs importants : la paix et la justice sociale.

Chers compatriotes,

En faisant cet état des lieux, je n’ai été guidé que par une seule chose : vous dire la vérité !

Chacun est en partie responsable de la situation présente. Dans cette crise, nous avons bien évidemment notre part de responsabilité, par certains de nos choix, par certains de nos actes.
J’ai sans doute la mienne. C’est pourquoi, je vous demande pardon !
Ensemble, nous devons prendre l’engagement de sortir de cette situation pour donner une nouvelle chance à notre chère Côte d’Ivoire. Il est temps de tourner la page !

Aussi, je ne rajouterai pas aux tensions existantes. L’enjeu du moment est beaucoup trop grave pour se livrer à un exercice inutile qui n’aura d’autre conséquence que d’alourdir le climat social.
J’ai conscience que les questions qui nous sont posées vont au-delà de nos personnes.
Ce que les Ivoiriens attendent de nous, de tous les candidats, c’est que nous donnions la preuve de notre capacité à avoir un vrai débat d’idées pour aboutir à des solutions permettant de relever les défis auxquels notre pays est confronté.
Je n’insulterai donc personne !
Je n’attaquerai personne parce que je respecte chacun de ceux qui aspirent à diriger la Côte d’Ivoire.
Je respecte tous les candidats parce que des Ivoiriens se reconnaissent en eux.

Chers compatriotes,

L’ampleur des problèmes qui se posent à notre pays peut donner à penser que la situation est irréversible et que toute tentative de la redresser est vaine. Au vu du tableau que nous avons présenté, la tentation est grande de céder au pessimisme, mais comme le disait le Président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY, « découragement n’est pas ivoirien » !

Chers frères et sœurs,

Je connais vos attentes. Mes réponses à vos préoccupations sont le fruit de mon expérience personnelle et d’un long travail d’échanges au sein de notre Parti et de rencontres avec les forces vives de notre pays. Mon projet indique clairement la voie à suivre pour résoudre les difficultés auxquelles la Côte d’Ivoire fait face depuis plusieurs années. Je voudrais ici féliciter toutes les commissions techniques de notre formation politique et les experts qui ont apporté leur contribution à cette œuvre.
Ce projet alimentera le débat qui va s’instaurer pendant cette campagne électorale et dans lequel j’énonce clairement ce que je ferai dès ma prise de fonction. Il n’y a pas d’autre alternative que d’agir, et vite.

Ce matin, je voudrais d’ores et déjà vous dire mes 2 grandes ambitions pour les Ivoiriennes et les Ivoiriens, les 2 grandes ambitions qui ont guidé l’ensemble de nos réflexions et de nos choix. Vous les trouverez partout présentes dans mon projet. C’est sur la réussite de ces 2 grandes ambitions que je souhaiterais être jugé dans
5 ans, à l’achèvement du mandat que vous aurez bien voulu me donner.

Ma 1ère grande ambition est de mettre à la disposition de tous les ivoiriens des services publics de qualité dans les domaines clés de la santé, de l’éducation et des infrastructures.

Où qu’ils se trouvent sur le territoire et même s’ils disposent de revenus modestes, nous mettrons à la disposition de tous nos concitoyens les services publics élémentaires que sont la santé, l’éducation, l’eau et l’électricité, les routes, etc.
Ces services publics, je les veux proches des populations. Je veux que les services publics aillent vers les populations sans qu’elles aient à perdre inutilement du temps et de l’argent. Je veux que tout le monde en bénéficie, surtout ceux qui ont un faible revenus.

LA SANTE : Je mettrai au moins 300 milliards dans le système de sante, pour rénover les dispensaires et les hôpitaux, pour en construire de nouveaux, pour les équiper en matériels performants et pour les approvisionner régulièrement en médicaments et en fournitures élémentaires.
Chaque ivoirien devra pouvoir accéder à un centre de santé à moins de 5 km de chez lui et à un hôpital à moins de 50 km.
Pour que ce dispositif fonctionne, nous devons gérer de façon exemplaire nos établissements de santé.
L’effort portera sur les grandes campagnes de lutte que je lancerai sur les principaux fléaux de santé publique comme le paludisme et le SIDA.
Pour le paludisme, nous distribuerons gratuitement des moustiquaires imprégnées. Pour le SIDA, nous ferons en sorte que la maladie soit dépistée le plus tôt et nous prendrons en charge gratuitement toutes les personnes séropositives.
D’une manière générale, toutes les personnes défavorisées auront également droit à la gratuité des médicaments et des soins.
Etre en bonne santé, c’est vivre dans un environnement sain. Il faudra résoudre la question de l’enlèvement des ordures ménagères en confiant à nouveau la collecte et la gestion aux collectivités locales, avec des moyens adéquats.
En ce qui concerne les déchets toxiques, toutes les dispositions doivent être prise pour les enlever, les traiter et pour sanctionner les auteurs de ce scandale et leur commanditaires.

L’ASSURANCE MALADIE : Ce que je ferai, c’est de mettre en place un Plan santé, pour tous les Ivoiriens quelles que soient leurs conditions sociales.
Un Plan Santé : c’est le système de la santé pour tous. Une assurance maladie qui fonctionnera sur la base de la solidarité.
Avec 1000 francs par mois vous n’aurez plus de soucis à vous faire ! Vous serez soignés et vous aurez des médicaments. Vos frais d’hospitalisation et d’accouchement seront couverts.

L’EDUCATION : Je n’accepterai pas qu’un seul enfant de mon pays ne puisse pas aller à l’école. Il y a 300.000 enfants chaque année qui sont en dehors du système parce qu’il n’ y a pas suffisamment d’établissements scolaires ; parce que les parents n’ont pas d’argent pour acheter les manuels, les fournitures et l’uniforme.
Je mettrai fin à ce scandale. L’école sera gratuite et obligatoire pour tous les enfants du primaire jusqu’à la fin du premier cycle du secondaire, c'est-à-dire jusqu’à 15 ans.
Pour accueillir tous les enfants en âge d’aller à l’école, je ferai construire 60 mille classes dans le primaire pour un investissement de 300 milliards de francs CFA, cinq mille classes au Collège pour un montant de 80 milliards de francs CFA.
Dans le même temps, je ferai recruter 60 mille Instituteurs dont j’assurerai la formation ainsi que plusieurs milliers de professeurs.
Ce sera un effort sans précédent dans notre pays. En matière d’éducation, je veux donner corps à une de mes convictions fortes qui est que l’école doit aussi préparer à un métier, même si sa mission fondamentale est de former au jugement et à l’esprit critique. Ainsi, j’entends mettre l’accent sur la préparation à la vie professionnelle. Dans cette perspective, les filières de formation seront diversifiées pour tenir compte des métiers d’aujourd’hui et de demain, les capacités d’accueil seront accrues.
En plus de l’école gratuite jusqu’à la troisième, nous prévoyons un accompagnement des plus méritants jusqu’à la fin de leurs études, dans nos Universités et dans nos Grandes Ecoles. Tous ceux qui n’auront pas redoublé en bénéficieront.

LE LOGEMENT : Je m’engage à ce que chaque Ivoirien ait un toit. Chaque année, je ferai construire 50 mille logements à coût réduit par des professionnels compétents pour les familles aux revenus modestes.
Alors, vous pourrez être propriétaire de votre maison pour 5millions de FCFA. Cette somme sera financée par un prêt bancaire remboursable sur 25 ans à raison de 25 000 Francs par mois.

Dans le même temps, je m’occuperai des conditions de vie des 4 millions de personnes qui vivent dans les quartiers comme Boribana, Gobélé, Akromiabla, Koumassi campement, Sagbé, PK 18 etc. et d’autres quartiers précaires à l’intérieur du pays, comme le Bardot à San-Pédro.

Je consacrerai dans les cinq années de mon mandat, 100 milliards de CFA pour qu’ils aient le minimum pour vivre décemment. J’irai plus loin, je leur délivrerai des titres fonciers pour qu’ils ne se sentent plus menacés de déguerpissement et pour qu’ils puissent y investir sans risque!


LES ROUTES ET LES PISTES : L’une de vos principales revendications, ce sont les routes. Partout, on se plaint de l’état de nos routes. Il y a quelque chose à faire pour sauver notre réseau routier qui connaît une dégradation dramatique. Attendre plus longtemps, coûterait plus cher. Ici comme aille