Les temps présents s’emplissent de sons déjà entendus. Le bon peuple de Côte d’Ivoire se le rappelle encore. Les refondateurs venaient d’entrer dans notre palais par effraction. Entre les mains, ils avaient tous les leviers du pouvoir. En tout cas, ils régnaient en maîtres sur notre carré. A l’époque, le bon peuple de Côte d’Ivoire ne savait pas ce qui se passait à l’international. Or, des bruits de bottes résonnaient à nos frontières. Des éléments des Forces armées nationales s’étaient refugiés dans un pays voisin. Ils se préparaient à la dure pour sortir l’épée devant le champion de la refondation. Un de ses anciens bienfaiteurs croyait faire du bien en informant le nouveau chef de ce qui se tramait contre son pouvoir. Mais, auréolé de sa victoire fraîchement obtenue sur le général Guéi, l’opposant historique n’a pas cru bon de prêter attention à cet avertissement. Comment lui qui est arrivé à bout d’un général peut-il s’émouvoir pour des caporaux qui s’agitent dans la savane arborée ? « On les voit, on voit leur dos, on sait où ils dorment, à quel feu ils s’arrêtent, quelles boîtes de nuit ils fréquentent », affirmaient fièrement un de ses lieutenants. Le bon peuple de Côte d’Ivoire pouvait donc dormir à poings fermés. Le pouvoir de la refondation disait veiller sur lui. Malheureusement et contre toute attente, un jour du mois de septembre de l’année 2002, les veilleurs ont été surpris par ceux qu’ils appelaient « les jouisseurs de Ouaga ». Le chef a beau crier qu’il va sortir son épée, jamais il ne réussira à libérer les 2/3 de notre carré que les insurgés lui ont arrachés. Aujourd’hui, alors que l’on annonce l’arrivée imminente des forces de l’ECOMOG auxquelles les grandes puissances occidentales ont promis une logistique de grand calibre, on entend dire du même pouvoir qu’il est prêt et qu’il les attend. Les attend-t-il pour fuir ou pour donner la riposte ? Cet air a déjà été entendu. Le bon peuple de Côte d’Ivoire se souvenant des déclarations tapageuses et inutilement belliqueuses du début de l’ère de la refondation, rit sous cape. Il sait que très souvent, entre les affirmations des refondateurs et leurs actes, il y a un très grand fossé. Les soldats qui arrivent ne sont pas des enfants de chœur. Ils ne sont pas des combattants formés à la va-vite. Ils ne viennent pas avec des calibres 12 à canon scié. En plus, ils viennent avec le soutien de la Communauté internationale dans toute sa composante et avec la bénédiction de la majorité du bon peuple de Côte d’Ivoire. L’ECOMOG arrive pour que la volonté du peuple souverain de Côte d’Ivoire soit respectée et que la démocratie s’implante définitivement dans notre pays sinon, dans toute l’Afrique. Parce qu’il ne faut pas oublier que le 28 novembre 2010, Alassane Ouattara, candidat du RHDP a battu Laurent Gbagbo, candidat de la refondation et que le perdant ne veut pas reconnaître sa défaite pourtant cuisante. Il faut donner de bonnes habitudes aux hommes politiques. Voilà le challenge
Raoul Mapiéchon