Lundi 06 Septembre 2010
   Dossiers    Publié le: 17/02/2010
Coup de poker
Cela est de notoriété publique. Le grand opposant qui occupe encore notre palais, avance au flair. Il ne sait faire que des coups. Jusqu’à présent, cela lui a plutôt réussi. On se le rappelle que dans les années 90, au moment du retour du pays au multipartisme, il a senti que la population ivoirienne, après un long règne du premier président de la République, souhaitait le changement. Et que, par conséquent, elle cherchait quelqu’un qui pouvait ouvertement contester le pouvoir en place depuis 30 ans environ. Après avoir poussé les autres leaders politiques à la faute, il s’est présenté comme le seul opposant voulant et pouvant tenir la dragée haute au vieux crocodile de Yamoussoukro. Alors, commettant un parjure, il s’est porté candidat à l’élection présidentielle de cette année-là. Du coup, il a relégué au second rang, les Zadi Zaourou, Francis Wodié et autres Bamba Moriféré. En 2000, au lendemain du premier coup d’Etat qu’a connu la Côte d’Ivoire, pendant que la classe politique et les Ivoiriens dans leur grande majorité demandaient au Général de tenir parole et de ne pas se présenter à l’élection présidentielle, l’opposant historique a été le seul qui a estimé qu’il devrait y aller. Allant à la rencontre des ambitions du Général, il lui a été très facile de le convaincre du fait qu’il fallait éliminer des candidats de poids, s’il voulait garder le palais. Lui-même se présentant comme quelqu’un qui pourrait accepter de jouer des rôles subalternes. L’on sait comment cela s’est terminé. En inventant le dialogue dit direct, l’idée de base était d’attirer le secrétaire général des FN vers lui et de l’utiliser pour briser l’opposition et surtout pour affaiblir l’organisation des ex-rebelles. A la lumière de ce qui se passe, on peut conclure sans risque de se tromper, qu’en la matière le coup du maître n’a pas été parfait. Qu’à cela ne tienne s’est-il dit. Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir. Un éclair lui traverse l’esprit. Profitant d’une banale affaire d’hypothèse de recherche sur la liste électorale, il assène un coup encore plus grand. Il est sûr que cette fois-ci, le Premier ministre reconduit ne verra pas le piège toujours tendu et que l’opposition qui n’existe pas en face, s’occupera du secondaire en se jetant dans la défense des marrons ministériels. Dans cette partie du poker qu’il joue seul, sans tenir compte des souffrances des populations, il croyait détenir une carte majeure : la double dissolution du Gouvernement et de la CEI. Il l’a jouée, en l’étalant sur la table avec fracas. Malheureusement, une fois de plus, les choses ne semblent pas aller dans le sens qu’il croyait. Au lieu de saluer son coup de génie, le monde entier lui crie son mécontentement. Il oublie que dans le jeu de poker, ce n’est pas toujours que la chance vous sourit.
Raoul Mapiéchon


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