24 h après leur assemblée générale extraordinaire, Touré Mamadou, président de la Coalition pour le changement, s’est confié à nous pour nous faire le point de ces échanges qui ont duré plusieurs heures.
Monsieur le président vous sortez d’une Assemblée générale extraordinaire. De quoi a-t-il été question ?
Touré Mamadou : notre Assemblée générale visait d’abord à faire le point de notre implantation. Nous avons constaté à cette occasion que la Coalition Pour le Changement (CPC) est implantée dans toutes les communes d’Abidjan, c’est un motif de satisfaction. Mais nous n’attendons pas nous arrêter en si bon chemin. C’est pourquoi l’Assemblée générale a souhaité que nous puissions nous installer dans les cités universitaires et à l’intérieur du pays. L’assemblée générale s’est aussi félicitée du ralliement de la CPC au candidat Alassane Ouattara. Pour ce faire, nous avons décidé de relancer les activités des universités des temps libres (UTL) qui sont des espaces d’échanges et de débats contradictoires sur tout le district d’Abidjan à partir du samedi 13 mars. Pour contrer les attaques du camp d’en face contre notre candidat, nous avons décidé de mettre en place un comité de ripostes. Il a aussi été décidé d’organiser des débats citoyens pour désintoxiquer les populations par rapport au candidat Ouattara. Nous avons décidé de prendre à témoin la communauté nationale et internationale pour inviter officiellement le camp d’en face au débat. Pour nous, la démocratie, ce sont aussi les débats. La CPC veut un face-à-face avec les jeunes « patriotes » sur toutes les questions.
LP : Dans quel cadre vont se dérouler ces débats ?
TM. On ne peut pas définir le cadre. L’essentiel pour nous, c’est de discuter peu importe le cadre. Il y a trop de mensonges, de contrevérités. Le débat ivoirien a besoin de clarté. Des gens se font passer pour des agneaux alors qu’ils sont des loups. Nous pensons que la clarté viendra du débat. Que ce soit dans les UTL, dans les parlements et agoras, que ce soit même à l’initiative des communicateurs bénévoles pour Gbagbo. Nous invitons Blé et ses camarades au débat.
LP : En hommage aux victimes de la marche du RHDP, il devrait avoir une cérémonie le samedi dernier. Pourquoi n’a-t-elle pas eu lieu ?
TM : Simplement parce que nos camarades du RJDP, notamment Karamoko Yayoro et KKB ont souhaité le report de cette manifestation en vue d’une organisation conjointe. Eux-mêmes devrant effectuer une mission ce week-end ont souhaité que nous, nous retrouvions pour coordonner ensemble les préparatifs. Pour nous, l’essentiel, c’est d’arriver à organiser une manifestation qui va rendre hommage aux victimes. Il s’agira de pleurer nos morts à travers des prières, à travers le recueillement. Il s’agit aussi de dire qu’il y a trop de morts en Côte d’Ivoire depuis 2000. Nous allons nous souvenir des morts du charnier, des morts des 24, 25 et 26 mars 2004. Il s’agira, de dire à tous que Laurent Gbagbo a trop tué et que toute chose doit avoir une fin. Il y a trop de morts en Côte d’Ivoire. Il faut que cela s’arrête. Mais, il faut surtout que justice soit rendue.
LP : La CPC a un candidat, comment va-t-elle se prendre pour le faire gagner ?
TM : Nous avons nos ressources internes. Vous savez la CPC est composée de jeunes venant d’horizons divers, chacun avec son expérience. Il s’agit d’occuper le terrain, d’aller au contact de nos camarades jeunes, d’échanger avec eux mais surtout, de montrer à ces jeunes que Laurent Gbagbo ne peut pas faire l’affaire de la jeunesse. Il a détruit tout l’espoir que la jeunesse avait placé en lui. Vous savez qu’à la CPC, il y a beaucoup de jeunes qui viennent du FPI. Ce qu’ils nous disent, c’est que l’espoir qu’avait suscité Laurent Gbagbo lors de son arrivée au pouvoir en 2000 s’est évanoui. C’est donc à nous d’aller vers les autres pour leur dire qu’ils n’ont pas à désespérer de leur avenir. Nous allons donc leur proposer notre candidat, le Dr Alassane Dramane Ouattara qui a un ambitieux programme pour les jeunes. L’heure n’est plus aux injures mais aux débats contradictoires.
Réalisée par Thiery Latt