C’est une révolution. Une très grande révolution. Le tonnerre a grondé dans le ciel de notre beau pays. Le monde, à partir de maintenant va changer. Rien ne sera plus comme avant. L’annonce de cet événement par le Premier d’entre nous est une vraie révolution. Pareille à l’annonce de la conversion de l’Empereur romain Constantin à la chrétienté et qui changer le visage du monde. L’historien nous le rappelait il n’y a pas longtemps, à l’occasion de l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. En tout cas, si après la déclaration du champion toute catégorie en la matière, la façon de faire la politique en Côte d’Ivoire ne change pas, il faudra désespérer de ses leaders d’opinion.
En effet, hier, j’ai découvert dans les journaux, une révélation faite par le Premier d’entre nous. Il était allé passer le week-end avec ses frères du pays baoulé. Et comme il se sentait très bien, il a révélé la véritable cause des maux qui minent notre pays béni des dieux. Le professeur aurait déclaré que c’est le mensonge qui est à la base de nos problèmes. Comme vous, j’ai été étonné de lire cela. J’ai dû interroger des amis qui ont été témoin oculaire de ce très grand évènement avant d’admettre la véracité de ces dires. Il parait que le professeur des sciences politiques a même pris l’engagement devant ses frères qu’il n’a jamais eu l’intention de tuer une fois au pouvoir, de traquer le mensonge et d’en punir les auteurs. Attention au couteau ! Cet instrument blesse parfois son propriétaire. Avouions que la chasse ne va pas être aisée. Comment trouver l’auteur d’un acte délictueux quand le chercheur est celui-là qui a commis le forfait ? Inutile de dire que l’enquête va tourner en rond sans jamais aboutir.
Fustigeant le mensonge, Le Premier d’entre nous ne pense pas qu’il va arriver à nous faire croire qu’il ne mange pas de ce pain-là ! Il n’aurait donc jamais menti. Il ne serait pas comme les autres, ces fieffés menteurs qui disent qu’il fait du mensonge, son sport favori. Tous des menteurs, sauf lui. Difficile de soigner quelqu’un qui ne reconnait pas qu’il est malade. Mais enfin, réjouissons-nous de cette révolution politique. Le boulanger a reconnu qu’il ne vendait pas du bon pain, espérons tout simplement que ses pairs prendront la décision de le bouter hors de la corporation. Dans tous les cas, les spécialistes de la haute politique, ceux qui pensent qu’il faut rouler les autres dans la farine pour être reconnu comme le plus grand des politiciens, voient à présent dans quel pétrin ils ont plongé le pays. C’est l’un d’entre eux qui l’a reconnu enfin, ce n’est pas moi qui l’affirme. Le monde change.
Raoul Mapiéchon