Jeudi 11 Mars 2010
   Politique    Publié le: 06/05/2008
Une gestion “villageoise” des affaires publiques
Aucune vision, aucune prospective. Le Commandant en chef du Navire Ivoire navigue pratiquement à vue, en matière de gestion financière. A peine, s’il jette le moindre régard sur son tableau de bord qui signale pourtant, une très mauvaise météo ces derniers temps. Jouant presque sur tous les tableaux, même les plus noirs, ce Commandant a une gestion désordonnée des affaires de l’Etat, des finances publiques. Preuve irrefragable de cette gestion de “type” villageois? La récente augmentation, de façon extraordinaire, des salaires des magistrats. Et pourtant, Gabgbo sait que la Côte d’ivoire n’a pas les moyens de faire valablement face aux effets induits d’une telle hausse. Auparavant, il en avait fait de même pour les Enseignants du secondaire, les Chercheurs, les Medecins et les Instituteurs. Déjà, du vivant de Boga Doudou, ex ministre de l’Interieur, les policiers ont bénéficié des mêmes mesures d’ordre salarial. Sous d’autres cieux, de tels mesures auraient dû être saluées à leur juste valeur si elles ne cachaient pas une arrière pensée électoraliste. Pour qui connait la psychologie du Commandant de bord du Navire Ivoire, il ne peut en être autrement. C’est avec une calculatrice à la main, une autre dans la tête que le premier citoyen ivoirien procède à ces augmentations salariales tous azimuts. De deux choses l’une. S’il remporte la prochaine élection présidentielle, il est fort à parier qu’il n’appliquera aucune de ces mesures qui relèvent plus de la fantaisie que d’autre chose. S’il perd les élections ( hypothèse plausible et souhaitable), il est clair que ces mesures vont causer de serieux ennuis de gestion à son successeur qui héritera d’un passif lourd de conséquences, fruit justement, d’une gestion villageoise, une gestion sans programmation. L’exemple de l’actuel président français, Nicolas Sarkozy devait pourtant inspirer notre Commandant en chef. Quand le fils d’immigré hongrois devenu premier magistrat du pays des Droits de l’Homme fait des promesses du genre à ses administrés, il s’efforce de leur dire, en même temps, comment il compte s’y prendre pour financer la réalisation de ses promesses. En France, toutes les réformes sont faites sur la base d’une programmation judicieuse. Là bas, c’est le règne du rationnel. Chez nous, et plus précisement, avec notre Commandant de bord, c’est plutôt le règne de l’irrationnel. Sachant bien que l’Etat est en crise depuis plusieurs années, le “Chef” se garde de dire comment il compte se prendre pour tenir toutes ses promesses qui n’engagent, malheureusement, que ceux et celles qui y croient. Bref ! Sous le règne de Laurent Gbagbo, l’Etat se gère comme une cour commune, selon des règles qui font fi de toute la science que requiert une bonne gestion des finances publiques. Dommage !
Khristian Kara


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