Venu du monde syndical, quand il a fait irruption dans l’univers politique, il a voulu qu’on retienne de lui, l’image de quelqu’un qui n’aime pas l’argent. Un homme qui a des rapports très éloignés avec ce maître du monde. Il faisait écrire qu’il avait refusé un demi-milliard de nos francs du premier président de l’Eburnie qui voulait corrompre son âme. Or lui, faisait-il croire, l’argent, ce n’est pas sa tasse de thé. Quel phénomène ! Comme le temps est l’autre nom de Dieu et que la vérité finit toujours par éclater, l’incorruptible est parvenu au pouvoir. Ce pourquoi il bataillait dur. Surprise des surprises ! Le premier acte de l’homme, au grand étonnement de tous, fut de fixer sa rémunération mensuelle, avantages et privilèges non compris à 9 millions de FCFA. Tiens, n’a-t-il pas commencé à se laisser séduire par le Grand-Maître de ce monde, suis-là ? C’est par la guerre qu’il a fait éclater dans le pays, que la réponse sera donnée. En effet, prétextant de cette crise armée et pour les armes dont il devait doter notre armée qu’il disait pourtant super puissante, il s’est octroyé un fonds de souveraineté de 75 milliards. Toujours l’argent, encore l’argent ! Même l’embargo sous lequel le pays est placé pour l’achat d’armes, ne l’a pas amené à redescendre ce fonds à des niveaux acceptables pour un pays en crise. Il continue de bénéficier de cette manne qui est un gouffre pour l’économie nationale. Pendant que le petit peuple tire le diable par la queue, celui qui disait ne pas aimer l’argent, reçoit, chaque fin de mois, au bas mot, 7 milliards avec lesquels, il fait la bamboula et joue les généreux à cause des miettes qu’il jette à ses laudateurs. Dans le cadre de la prochaine élection présidentielle, il demande au bon peuple de renouveler son bail. Comme ce dernier a voulu savoir ce qu’il pourrait faire des cinq autres années qu’il sollicite, il voit là une autre occasion d’engranger quelques billets de banque. Pour savoir ce qu’il va faire si le bon peuple se trompe et lui confie sa destinée, il faut débourser 3 mille francs. C’est sûr que ce sont ses prestations faites à la télé qui lui ont inspiré ce manège. Pour le regarder tous les soirs sur notre petit écran, nous versons, mensuellement, 2 mille dans les caisses de la Chaîne des Grands Enervements. Alors, s’est-il dit, pourquoi, ne paieraient-ils pas une autre taxe de 3 mille francs pour avoir accès à ma littérature sur mon programme de gouvernement. Esprit mercantile quand tu nous tiens. Celui qui disait ne pas aimer l’argent, raisonne maintenant en termes d’argent dans ses rapports avec le peuple. Le temps a fait son effet
Raoul Mapiéchon