Mercredi 22 Février 2012
   Dossiers    Publié le: 19/01/2011
Faits marquants :
Mauvais exemple
Ses partisans affirment, avec fierté, qu’en refusant d’accepter les résultats sortis des urnes, le plus grand opposant de tous les temps, se présente comme le plus grand des libérateurs africains. Ils estiment que c’est défendre la souveraineté d’un pays que de renier sa propre signature, juste parce que les règles établies avant le scrutin, n’ont pas joué en sa faveur au finish. Le professeur en tout avait dit oui à la certification. Au premier tour de la présidentielle il avait profité de ce dispositif qui avait tué dans l’œuf, les réclamations d’un des concurrents. En ce moment-là, comme la certification qu’il avait acceptée de son plein gré, lui profitait, il ne l’a pas réfutée. Quand cette même certification tranche entre la CEI, une institution composée de membres venus d’horizons divers et le Conseil constitutionnel, un bloc monolithique, composé exclusivement des partisans du président sortant, pour proclamer sa défaite donc, la victoire de son adversaire politique, il se met à crier sur tous les toits que jamais, l’on ne viendra imposer un président à son pays. Devant cette incongruité, ses sbires, toute honte bue, osent affirmer que c’est en procédant ainsi, en piétinant la volonté du bon peuple de Côte d’Ivoire, que leur champion va libérer l’Afrique. Il ferait ce que l’Afrique du Sud de Nelson Mandela ne prétend pas avoir réalisé en brisant les chaînes de l’apartheid. Vanité que tout cela. Aujourd’hui, bien au contraire, la Côte d’Ivoire est devenue un mauvais exemple à travers le monde. Tous les Africains dont les pays vont aux élections ne veulent pas que les choses se passent chez eux comme «ce qui se passe en Côte d’Ivoire». Ils sont tous unanimes: le cas ivoirien ne doit pas faire tâche d’huile. Ils prient pour que, chez eux, le vainqueur des élections soit reconnu comme tel par son adversaire. C’est dire combien l’Afrique craint le syndrome ivoirien et ne se reconnaît pas dans la gymnastique des socialistes à l’ivoirienne. Laurent Gbagbo a perdu l’élection présidentielle. Il a été battu par Alassane Ouattara. Ses partisans savent qu’ils ont fait pire dans leurs régions que ce qui a amené le très ami Yao-N’Dré à annuler le vote dans 11 départements pour permettre au candidat du FPI d’être proclamé vainqueur d’une courte tête. Blé Goudé sait que dans les villages de sa région, même les morts ont voté. Désiré Tagro ne peut pas nier que dans la sienne, il y a eu empêchements de vote, casses d’urnes dans les campements baoulé et destruction de procès verbaux et tortures des superviseurs et menaces de mort sur les scrutateurs du candidat du RHDP. Séri Bailly sait très bien que des violences perpétrées par les partisans de son candidat ont entraîné mort d’homme, un militant du RDR, le 28 novembre dans la sous-préfecture de Gboguhé. Tout cela, parce que le mot d’ordre dans le centre-ouest des partisans de Gbagbo, était que le candidat du FPI devait réaliser des scores de 100% dans tous les villages bété. Alors, que l’on arrête de prendre les enfants de Dieu pour des canards boiteux!
Raoul Mapiéchon


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