Ça y est ! Le nouvel entraîneur des Eléphants de Côte d’Ivoire est enfin connu. Il s’appelle Zahoui François. L’ancien milieu de terrain ivoirien vient d’être officialisé à ce poste en remplacement du Suédois Sven-Göran Eriksson et il dirigera Didier Drogba et ses camarades pendant deux ans. Depuis que cette annonce a été faite le samedi dernier, la ferveur s’est à nouveau emparée de la population. Si la grande majorité salue la nomination d’un entraîneur local (ce n’était plus arrivé depuis février 2002 date du limogeage de Lama Bamba), certaines voix s’élèvent contre celui qu’elles présentent comme un novice. Mais comme c’est la FIF qui fait le choix du sélectionneur, on peut affirmer que le vin est tiré. Le débat aujourd’hui est donc ailleurs. Zahoui pourra-t-il apporter de l’eau au moulin de ceux qui croient en lui ? Ou donnera-t-il raison à ses détracteurs ? Rien n’est moins sûr, et seul le temps situera tout le monde. En attendant, l’ancien professionnel d’Ascoli, devra faire face à de véritables défis.
Le contrôle du vestiaire
Et le plus important sera de contrôler son vestiaire. Tout le monde le sait, la Côte d’Ivoire fait partie des rares formations au monde à avoir une équipe avec de fortes individualités. Drogba, Yaya, Kolo, Gervinho, Kalou, Romaric, Zokora, Tiéné, Kader, Aruna, Boka, Tioté… sont autant de grosses stars qui meublent le vestiaire ivoirien. Et diriger ces grosses têtes qui évoluent dans de grands clubs et qui sont grassement payées n’est pas chose aisée. Le premier challenge de Zahoui est donc à ce niveau. Surtout quand on sait que ces joueurs ne sont pas les plus disciplinés du monde. Gili, qui était pressenti pour conduire cette formation, a dû renoncer parce que certains cadres de cette équipe ne voulaient pas de lui. Au sortir de la CAN angolaise, Vahid avait affirmé que certains joueurs ont boycotté son travail et c’est ce qui aurait conduit à son échec. Vrai ou faux ? Toujours est-il que Zahoui devra faire preuve de charisme et d’audace pour gérer ces multimillionnaires et avoir une mainmise sur son effectif. Il devra également avoir le courage d’injecter du sang nouveau dans la formation ivoirienne en donnant la chance aux jeunes qui frappent à la porte de la sélection de faire leurs preuves sous la vareuse ivoire. Si cela est fait, l’ex-sociétaire du Stella club aura fait un pas de géant. Même si ce ne sera pas tout.
La maîtrise de l’environnement
Car si le vestiaire est dompté, le successeur de Sven-Göran Eriksson devra maîtriser son environnement. Très souvent, l’entourage des Eléphants a été décrié comme un panier à crabes où règnent hypocrisie et coups bas. Il devra vite s’imposer et refuser d’être aux ordres. C’est ce qui a très souvent manqué aux entraîneurs locaux qui ont conduit les différentes sélections nationales. S’il parvient à afficher une personnalité forte, il pourra facilement travailler avec ses propres idées. Mais, s’il est aux ordres de ses patrons ou sous influence de quelque groupe de pression que ce soit, il fera long feu et manifestement aboutira aux mêmes échecs que ses devanciers Lama Bamba ou Gbonké Tia Martin. A ce niveau, la fédération doit l’aider à assainir l’entourage des pachydermes où on retrouve plusieurs personnes sans véritablement que l’on sache ce qu’elles y font.
En attendant de connaître le contenu du contrat du nouvel entraîneur sélectionneur des Eléphants, il serait intéressant qu’il opte pour un vrai et réel projet de jeu pour toutes les sélections ivoiriennes. Il doit, en harmonie avec ses pairs des sélections cadettes, juniors et espoirs dessiner une philosophie de jeu qui s’appliquera à toutes les équipes nationales pour que la Côte d’Ivoire renoue avec une identité de jeu. Ce qui facilitera la montée des joueurs dans les différents niveaux. Mieux, en accord avec la DTN, il devra élaborer un programme de travail avec les entraîneurs de clubs pour harmoniser un certain nombre de schémas tactiques pour le suivi des joueurs. Autant de chantiers qui attendent l’ancien meneur des Eléphants des années 80. Les réussira-t-il ? Il est trop tôt pour se prononcer.
Koné Lassiné