Lundi 06 Septembre 2010
   Dossiers    Publié le: 05/03/2010
De la victoire
En règle générale, un succès ou une victoire se mesure à l’aune des objectifs fixés ou affichés. Le vendredi 12 février dernier, quand le locataire provisoire de notre palais, dissolvait doublement le gouvernement et le CEI, il avait demandé à son Premier ministre reconduit, de lui proposer une nouvelle équipe, seulement 72 heures après l’annonce et un nouveau format de la CEI. Ses séides expliquaient que le gouvernement Soro II devait être grandement rétréci et ne comporter que des technocrates en dehors des partis politiques. Quant à la CEI, l’équilibre devrait être fait en faveur du camp de la minorité présidentielle. Pour que les refondateurs crient victoire, il faudrait qu’ils aient obtenu ce qu’ils disaient pouvoir récolter après le coup de « génie » du grand stratège qu’est l’ancien opposant. Or, quand on fait le bilan des courses, nous sommes loin, très loin des performances souhaitées. Pour un gouvernement dont la composition devait atterrir sur le bureau de celui qui possède la signature en quelques heures, le bon peuple de Côte d’Ivoire a dû patienter pendant près de trois semaines. Et ce n’était pas sa première surprise. Le gouvernement que l’on nous annonçait débarrassé de tous ses oripeaux partisans est revenu plus coloré que jamais. La plupart de ses membres sont des directeurs de campagne. Les partis politiques sont plus présents que jamais. La cure d’amaigrissement claironné n’était qu’une blague. A peine quatre portefeuilles ont disparu. Pourtant, le camp présidentiel minoritaire trouve moyen de crier victoire. Le Woody de Mama aurait réussi à faire partir du gouvernement des ministres récalcitrants. Etait-ce là le but à atteindre ? Maigre comme consolation. Pour la CEI, n’en parlons pas. Désiré Tagro, le ministre pour lequel le FPI, c’est l’Etat, n’a pas réussi à faire main basse sur la commission indépendante. Comme l’intègre Mambé est parti avec ses quatre vice-présidents, même celui désigné par l’homme à la signature, les laudateurs du grand chef applaudissent ses prouesses à tout rompre. Ils veulent détourner l’attention des habitants de l’Eburnie. Ils pensent ainsi transformer la cuisante défaite aux conséquences inestimables de leur champion, en une victoire éclatante. Quand un chasseur d’éléphant quitte le village pour la forêt et que tout le monde attend qu’il revienne avec des ivoires et qu’il se présente avec des dents de souris, y a-t-il vraiment une seule raison de chanter ses louanges ? Logiquement, non! Mais, dans un pays comme le nôtre où toutes les valeurs sont renversées, ce qui devrait faire honte, fait la fierté de certains. Dommage !
Raoul Mapiéchon


Dossiers
:: Vendredi 03 Septembre 2010
Faits marquants:  Inadmissible
:: Mercredi 01 Septembre 2010
Cruauté
:: Lundi 30 Aout 2010
Faits marquants:  Le parricide
:: Vendredi 27 Aout 2010
Faits marquants:  Le cœur saignant
:: Mercredi 25 Aout 2010
Faits marquants:  L’amour du pays