L’évènement est grandissime. Tout le monde entier en sera bouleversé. Après cela, en Côte d’Ivoire, rien ne sera comme avant. Celui ou celle qui n’avait pas vu, verra. Celui ou celle qui n’avait pas entendu, entendra. A côté de cette grosse actualité, les derniers jeux olympiques pékinois ne sont que des broutilles. C’est à Yamoussoukro que la révolution se fera. Tenez-bien sur vos sièges ! Les refondateurs, cette fin de semaine, réunis en conclave au pied de la Basilique Notre Dame de la Paix, dans le village du chantre de la paix, Félix Houphouët-Boigny, désigneront (enfin !) leur candidat pour la prochaine élection présidentielle. Il parait que les candidats se bousculent. Pour mettre un peu d’ordre dans ce capharnaüm, le président par délégation des refondateurs aurait dressé un portrait robot de celui qui va défendre leurs couleurs.
D’abord, le postulant doit être président de la République en fonction. Un vrai. Pas celui qui se réjoui d’être le dépositaire de la signature. Ensuite, il doit arborer en toute circonstance, un sourire inimitable. Continuant, le champion des refondateurs doit être capable de franchir deux haies de deux mille personnes mortes pour avancer. En outre, la cohabitation pendant de très longues années avec des prédateurs de l’économie ivoirienne coiffés de chapeaux ou de bérets, ne doit le gêner en aucune façon. Le dernier critère n’est pas à la portée de tous, il faut le reconnaître. Le président par délégation des refondateurs voudrait que le porte étendard de leur camp soit capable de provoquer, en temps opportun et pour cacher leur incompétence, une guerre civile entraînant la scission du pays. L’avantage de tout cela est que, élu pour cinq autres années, le premier d’entre nous en fera encore huit. Seize ans là ou en principe, si la situation avait été normale et que l’opposant de 30 ans avait remporté, véritablement les élections, ne devrait en faire que dix, est un exploit. Pourquoi donc changer un système qui marche et qui procure d’énormes avantages ? Vu sous cet angle, le conclave de Yamoussoukro n’est qu’une formalité. Ils ne sont pas nombreux, chez les socialistes à l’ivoirienne, qui répondent à ces critères. D’ailleurs, il y a longtemps que le futur candidat des refondateurs est entré en campagne. Il a des directeurs de campagne qui sont partout, même à la MACA. C’est dire combien il veut ratisser large.
Comme on le voit, ce que l’on veut présenter comme l’évènement du siècle est un pétard mouillé. La seule nouveauté de la chose est peut-être le fait qu’en le désignant comme leur candidat à la prochaine présidentielle, les refondateurs reconnaissent que le mandat du premier d’entre nous est arrivé à expiration. En réalité, la révolution se trouve là. Et c’est un progrès significatif