Est-ce cela, la relève à la refondation ? Le chef nous avait habitués à un langage trop simple, un verbe abrupt, l’irrévérence langagière. Le changement intervenu dans son état ne l’a pas amené à redimensionner sa façon de s’adresser aux autres. Donc, quand la refondation a annoncé qu’elle s’était choisie un nouveau président, le bon peuple de Côte d’Ivoire s’est mis à croire en l’avènement d’un nouveau discours coulant des sources socialisantes. Malheureusement, celui qu’on croyait plus adroit et plus poli que le premier nous démontre, chaque jour que Dieu fait son penchant pour l’ancienne façon de dire et d’être. Si cela la relève que nous prépare la refondation, il y a de quoi désespérer de ceux qui ont toujours voulu gouverner la Côte d’Ivoire autrement.
Marchant sur les traces de son prédécesseur ou de son maître, c’est selon, Affi 1er avait traité les cadres de la ville des Antilopes, anciens caciques du PDCI quand il était au pouvoir, de pneus réchappés. Le maître avait dit, lui, que le temps de ces aînés était passé. Il était donc revenu au nouveau président de la refondation de trouver l’image qui convenait le mieux à leurs yeux, aux Séry Gnoléba et autres Bra Kanon. Mais, là-bas, comme la honte n’hésiste pas, aujourd’hui, dans cette région, pour ne pas perdre pied, ceux dont le temps est arrivé, courent derrière ceux dont le temps était passé.
Satisfait de sa personne et de sa prestation, Affi 1er, pour s’installer dans son rôle de dauphin du Premier d’entre nous, a trouvé que le président du PDCI et celui du RDR, toiut deux anciens proches collaborateurs, pour ne pas dire, poulains du premier président de notre République, étaient des erreurs du vieux crocodile de Yammoussoukro. Voilà encore comment le nouveau chef de file des refondateurs veut nous installer dans une nouvelle période d’injures et de paroles inutilement blessantes. Il nous convainc qu’avec eux, jamais, le respect des autres, la courtoisie ne feront partie du champ politique ivoirien. Qu’avec eux, la haine, l’arrogance et l’irrévérence seront le lot de nos hommes politiques. Avec eux, ça ne sera que des palabres interminables et que jamais, la Côte d’Ivoire, notre pays ne connaîtra la paix. Courte queue se payant avec courte queue, il se trouvera toujours quelqu’un qui répondra à ces injures par des propos encore plus caustiques. La preuve. Affi 1er ayant traité les leaders du PDCI et du RDR d’erreurs d’Houphouët, lui a été répondu que lui, était une faute de Dieu. C’est-à-dire que le Très-Haut a mal fait de faire venir au monde l’enfant de Bouadikro. L’erreur étant humaine, Houphouët peut être pardonné. Mais quand l’homme qui reconnaît l’omniscience de Dieu, estime qu’il a mal fait de permettre la naissance de quelqu’un, c’est le comble. Pourquoi, ceux qui étaient venu apporter le bonheur aux Ivoiriens peuvent-ils tenir, à longueur de journées, des propos ramassés dans la poubelle ? Quel exemple donnent-ils aux enfants ? Quelle image veulent-ils projeté à la face du monde ? Eux seuls le savent. Nous leur souhaitons bon vent
Raoul Mapiéchon