Quand l’histoire a commencé, comme toujours, ils se sont cachés derrière l’épais manteau du patriotisme, pour ne pas dire de nationalisme. Aux yeux de tous, ils voulaient se faire passer pour des citoyens qui aiment le pays plus que tout le monde. Jamais, disaient-ils, aucun étranger ne figurera sur la liste électorale. Ils ont même utilisé des vocables à la limite de l’acceptable. Les « cafards » que sont ceux qui ne sont pas du pays, devraient être extirpés des listes. A la commission électorale, ils ont promis de fournir le produit nécessaire pour désinfecter les listes. Même le si discret et absent directeur national de campagne venu du nord s’est mis à parler comme ses nouveaux amis. Pour faire bien, il a même donné un de ses cousins en sacrifice. Histoire de faire comprendre à ceux qui en doutaient encore, que ces ultras, ne plaisantent pas. Surtout, pas avec la très chère et recherchée nationalité. Il ne se passait donc pas de minutes sans que l’on ne découvre des fraudeurs en masse sur ladite nationalité. Entrés en laboratoire, ils en sont sortis avec des stratégies qui étaient censées abattre définitivement ceux (c’est-à-dire le candidat des républicains) qui ne misent que sur ces intrus. D’ailleurs, à sa prise de pouvoir, l’opposant historique avait décrété que tous ceux qui, jusque-là, avaient tenté de barrer la route au « Bravetchè » manquaient d’intelligence. Et que lui, de façon scientifique et politique, allait lui (le Bravetchè) faire renoncer à ses ambitions démesurées. Donc, l’heure était arrivée de réaliser ce dont il s’était vanté. Premier acte : se faire passer pour le seul candidat des Ivoiriens. Les autres sont des suppôts des puissances internationales. Deuxième acte : tailler à ce candidat, animal de ville, une liste électorale de partisans la plus courte possible. D’où la chasse aux nordistes. Troisième acte : s’assurer de la présence effective et massive de ses potentiels électeurs sur la liste électorale définitive. Le mouton n’ira à l’élection que quand il aura rendu en cendres les partisans de ce redoutable adversaire. Quatrième et dernier acte : se faire élire sur un plateau d’or. Vous voyez donc que les prétendus nationalistes ne font pas la chasse aux étrangers pour que les Ivoiriens, les vrais comme ils le disent se retrouvent entre eux. Ils font des plans pour réduire l’électorat du concurrent qu’il craint le plus. C’est-à-dire : le candidat des républicains. C’est pour entraîner le peuple dans ce combat partisan qu’il tente de le tromper en se faisant passer pour des patriotes. Mais, l’opposant historique est-il en train de réussir là où ses prédécesseurs ont fait preuve d’amateurisme selon lui ? Pas si sûr ! Aujourd’hui, le cœur de ces chasseurs des étrangers saigne parce que la plupart des juges ne les ont pas suivis dans leur macabre entreprise lors des procès en réclamation de radiation. La défaite à la présidentielle se profile alors à l’horizon. Bientôt, c’est la fin des haricots pour nos prétentieux refondateurs et ce, pour le bonheur du bon peuple de Côte d’Ivoire
Raoul Mapiéchon