Il a raison, l’autre, de dire que l’on ne comprendra jamais le mécanisme de raisonnement du Premier d’entre nous. Le socialiste à l’ivoirienne voit le monde de façon manichéenne. Pour lui, il y a d’un côté, les bons et de l’autre, les mauvais. Les premiers sont, évidemment, les membres de sa galaxie et les autres, tous ceux qui ne pensent pas comme lui ou qui, du moins, ne se débattent pas pour défendre son fauteuil présidentiel. Il est toujours sous le charme de tout ce que les premiers font ou défont et prend toujours en grippe tout ce que les autres entreprennent. Ce qui est bon avec les premiers devient ignoble avec les seconds.
Illustrations. Personne n’ignore qu’à Abidjan et plus précisément au Plateau, centre névralgique de l’économie du pays, les partisans du professeur, se disant « patriotes » ont construit une université aussi célèbre que celle de Paris du même nom. Là, à la « Sorbonne », puisque c’est de ce lieu qu’il s’agit, ces janissaires du pouvoir passent le clair de leur temps à parler et à parler de tout, à insulter, à injurier les opposants réels et imaginaires de leur maître. Du matin au soir, ils y tiennent le crachoir. Ils ne travaillent nulle part. Ils n’exercent aucun métier. Des fois, le professeur lui-même y fait escale pour se faire applaudir. Histoire aussi de dire à ces chômeurs qui s’ignorent qu’il (le professeur) partage leurs discours et admire leur façon de faire et d’être. Ces trompe-le-chômage sont pratiquement des intouchables de la République. Le maire du Plateau qui, une fois, avait voulu les déloger pour assainir l’espace, en a appris à ses dépens. Tout le monde a déménagé sauf eux. Si les sorbonnards d’Abidjan sont traités de la sorte, n’est-ce pas parce qu’ils exercent le plus beau métier de la République ? En tout cas, c’est ce que tout homme logique devrait penser. Or, leur plus grand supporter, le professeur d’histoire, sous d’autres cieux, c’est-à-dire au nord du pays, a fustigé leurs collègues des «Grins». Il a reproché à ces derniers de passer leur temps à discuter dans ces espaces d’expression au lieu de chercher à travailler. Pourquoi le professeur applaudit-il les élèves de la « Sorbonne » d’Abidjan et voue aux gémonies, les habitués des « Grins » ? Quand on sait que ces « Grins » ne s’animent que les soirs après les heures de travail, le professeur ici, est pris en flagrant délit d’injustice. Il donne la preuve que pour lui, les citoyens ne sont pas égaux. Le plus grave, il reproche aux animateurs des « Grins » de s’abreuver de thé (peut-être souhaiterait-il qu’ils se gavent de café) et pendant ce temps, il danse avec ceux qui ne peuvent se passer de la coke.
On l’avait dit plus haut. Avec lui, c’est toujours du « deux poids deux mesures ». Ses partisans ont droit à tous les égards, mais pas ceux des autres. Les premiers sont bons, les seconds sont mauvais
Raoul Mapiéchon