
Le président du PDCI-RDA poursuit son périple dans la Vallée du Bandama. Hier, au cours de la troisième journée de sa tournée, le président Henri Konan Bédié était à Béoumi la cité du Goly. L’ancien chef d’Etat a été accueilli dans une liesse populaire par des militants et sympathisants du PDCI-RDA visiblement heureux de le retrouver treize ans après son premier passage dans la capitale du peuple Kodè. Comme à l’accoutumée, le patron du PDCI-RDA n’a pas été tendre avec le parti au pouvoir. Le successeur d’Houphouët-Boigny s’est élevé contre la gestion scabreuse des affaires publiques par le FPI. Le président Bédié estime qu’avec les ressources dont dispose le pays, la Côte d’Ivoire aurait pu connaître meilleur sort. Mais rien n’a été fait durant ces huit ans. «Vous savez qu’avec un budget annuel de plus de 2000 milliards, le FPI n’a rien réalisé pour le peuple de Côte d’Ivoire. Par exemple, le budget annuel alloué à l’ensemble des Conseils généraux ne dépasse guère les 30 milliards de nos francs alors que le budget de souveraineté de M. Gbagbo seul s’élève à plus de 60 milliards ! », s’est-il indigné. Pour lui, cette «gabegie monumentale » et ses effets sur le niveau de vie des Ivoiriens est l’une des raisons de la crise en Côte d’Ivoire. Il a en outre fustigé le comportement antidémocratique du FPI. Selon lui, dans sa volonté de confisquer le pouvoir, le parti de Laurent Gbagbo a fait le choix de la guerre au lieu d’assurer la protection des populations. Pour lui, trop de sang a été versé en Côte d’Ivoire depuis l’avènement des Frontistes au pouvoir. « Alors que le PDCI-RDA a fait du dialogue le socle de sa politique, le FPI, en choisissant de régner par le glaive, a maculé ses mains du sang des Ivoiriens », a-t-il déploré. A ce sujet, le deuxième président de la Côte d’Ivoire moderne a rappelé les massacres des 25, 26 mars 2004, les charniers, les crimes des escadrons de la mort et de milices tribales, l’assassinat et la disparition de journalistes, le bombardement des populations de Bouaké et le scandale des déchets toxiques. « Avec un bilan aussi monstrueux, comment certains peuvent encore, de façon surréaliste, venir vous demander de reconduire le régime FPI? », s’est-il insurgé. Pour le chef de file du plus vieux parti de Côte d’Ivoire, il faut mettre rapidement fin à tous ces malheurs qui ont inutilement frappé le pays. Et pour lui, le seul moyen est de procéder à un vote sanction contre « ceux là-mêmes qui pour se maintenir au pouvoir et s’enrichir dans l’illégalité, ont commis les pires crimes contre le peuple. » C’est pourquoi, il a dénoncé le refus du FPI de laisser le peuple librement choisir ses dirigeants. « Ainsi pour le bonheur personnel de ses dirigeants, le FPI veut prolonger nos souffrances, bloquer la croissance et le développement économique et social de la Nation , aggraver le délitement de l’école, ruiner le système sanitaire, désorganiser l’armée, détruire nos infrastructures économiques, laisser à l’abandon nos pistes villageoises et j’en passe… » a -t-il martelé. Pour le président du PDCI-RDA, les Ivoiriens doivent mettre un terme à cette « forfaiture ». Car « aucune fatalité ne nous condamne à nous soumettre sans résistance à un système, à un régime que nous jugeons ignoble et inhumain. » Il a, par conséquent pour reconquérir les libertés confisquées, lancé un appel à la mobilisation pour arracher au FPI la tenue d’élections transparentes, démocratiques et justes le 30 novembre prochain. Le patron du PDCI a terminé son propos en dénonçant l’arrestation du président du Conseil général de Béoumi. L’ancien chef de l’Etat a qualifié cette arrestation d’arbitraire. « Notre exigence, face à sa situation actuelle, est que la justice s’attache en toute probité et en toute indépendance à dire le droit », a-t-il plaidé. Pour rappel, Jacques Mangoua est l’ancien président du Conseil d’administration du Fonds de Garantie des Coopératives de café-cacao. Il a été arrêté dans le cadre de l’enquête qui a cours dans la filière café-cacao. Mais les fils et les filles de Béoumi estiment que son arrestation vise à neutraliser un adversaire politique sérieux dans la région. C’est pourquoi, lors de leur intervention, le délégué départemental, le ministre Bandama N’Guatta, le porte-parole des secrétaires de section, M. Kouakou N’Dri Jules, le président Amani Moïse de la JPDCI et Mme Blessy Simone de l’UFPDCI ont exigé la libération immédiate du conseil général de Béoumi. Aujourd’hui Bédié sera à Katiola.
Jean-Claude Coulibaly