Ils avaient dit qu’ils nous attendaient à un carrefour, suite à l’élection du 44ème président des USA. Nous n’y sommes pas passés. Mais, las d’attendre, ils ont fait comme. Par contre eux, ils sont bien passés par là où tout le monde les attendait. Après l’élection de Barack Obama, le bon peuple de Côte d’Ivoire qui sait désormais comment fonctionne la Refondation, savait qu’elle trouverait matière à comparaison entre le parcours politique de son idole et celui du nouveau président américain. Samedi, l’ouvrier en chef du groupe, pour le compte du maître a tiré seulement trois leçons de l’élection historique de l’Afro-américain à la présidence de la République de son pays. En un, l’ouvrier nous apprend qu’on est toujours le succeseur d’un devancier. Normal. Obama a hérité de Martin Luther King comme le socialiste à l’ivoirienne l’a fait, certainement, du premier socialiste ivoirien Dignan Bailly, un frère du pays. Pas de problème. En deux, « Un homme politique ne doit même pas avoir à l’esprit qu’il doit forcément être le bénéficiaire de son combat ». Il paraît que le Christ de Mama l’avait prêché en 1992. Mais le disciple ne nous dit pas si le maître l’a enseigné avant, pendant ou après son incarcération à la MACA. Située dans son contexte, cette grande déclaration aurait été mieux appréciée. Mais… continuons ! En trois, Obama est d’origine pauvre comme l’actuel locataire de notre palais. On se demande toujours comment quelqu’un dont le père était un agent de la sécurité publique, c’est-à-dire un fonctionnaire, peut se réclamer d’une origine modeste ? Que dire alors de ceux dont les parents étaient des cultivateurs à cette époque où un vaguemestre, disons un coursier de l’administration qu’on appelait couramment planton, était déjà une personnalité qui compte dans la société ? Se basant donc sur les origines sociales des parents des deux sujets de comparaison, situées au bas de l’échelle, l’auteur conclut qu’on peut venir de loin et arriver au sommet de l’Etat. Ce qui veut dire que des individus issus de parents riches peuvent également parvenir à ce poste, même venant d’à côté. L’un n’excluant pas l’autre.
Mais, il y a une quatrième leçon que le cas Obama donne au chef de la Refondation et que l’exégète tente de cacher au grand public. Il y a seulement quatre ans que Barack Obama est entré en politique. Il y a seulement deux ans qu’il a été élu sénateur de son Etat et il vient de remporter la présidentielle. Le seul fait politique qu’on lui connaît avant tout cela, est d’avoir participé à la campagne d’un certain Bill Clinton. On n’a donc pas besoin d’avoir une si longue histoire politique avec son pays avant de prétendre à la présidence de la République. Chacun ayant son parcours, avoir vécu dans l’arène politique pendant 30 ans avant d’accéder à la magistrature suprême, ne peut être érigé en règle générale. L’élection de Borack Obama, détruit fondamentalement la thèse du plus grand opposant politique que la Côte d’Ivoire n’ait jamais connu. Ce dernier a toujours présenté le candidat du RDR comme quelqu’un qui vient d’arriver dans l’arène politique et qui veut déjà devenir président de la République. En félicitant Obama, le chef de la Refondation entre en pleine contradiction avec lui-même. Les contorsions littéraires de ses ouvriers n’arriveront pas à distraire le bon peuple de Côte d’Ivoire. Le professeur des sciences politiques sur ce chapitre, enseignait l’inexact…comme d’ailleurs, il le fait dans tous les domaines. Merci donc, Obama !
Raoul Mapiéchon