Il dormait comme un loir, le Premier d’entre nous. Son ennemi juré du palais de l’Elysée avait perdu sa couronne. Un autre était arrivé qui semblait ne pas avoir les mêmes forceps que son prédécesseur. Alors, l’occupant de notre palais du bord de la lagune, s’est mis à dormir d’un sommeil profond et réparateur. Jusque-là, on ne nous a pas expliqué pourquoi le souverain chef de notre pays indépendant pouvait le repos trouble du fait du règne d’un chef gaulois. On ne sait pas pourquoi, l’historien faisait des cauchemars à l’idée de savoir que Jacques était président de l’Hexagone. Lui le courageux devant l’éternel, l’intrépide, tremblait devant un homme dont le domicile était à mille lieues du sien. Donc, le successeur de celui qui l’empêchait de fermer l’œil était son ami et sa présence à l’Elysée, le rassurait. Récemment au Gabon, selon un confrère français proche des amis de l’Opposant historique a publié un compliment du successeur de Jacques dans ses colonnes rappelant l’une de ses plus grandes qualités : la roublardise politique. On se rappelle qu’une fois, du haut de la tribune de l’organisation mondiale dont le siège se trouve au pays de l’Oncle Sam, le chef des refondateurs s’était vanté de sa capacité à enfariner ses partenaires politiques. C’était du génie que d’arriver à dribbler tout le monde. D’ailleurs, avait-il dit, est enfariné celui qui ne connaît rien en politique. Ses séides, à l’occasion, avaient applaudi à tout rompre. Maintenant que le successeur de Jacques reconnaît cette grande qualité en leur idole, on ne comprend pas pourquoi il leur pousse des boutons.
Il faut voir comment ils se sont jetés à bras raccourcis sur leur nouvel et peut-être désormais ancien ami ! Celui qui permettait au boulanger inégalable de dormir la porte ouverte est subitement devenu, un danger public. Les adjectifs à son égard ont changé de nature. Le bon petit blanc qui a compris la crise ivoirienne s’est transformé en un grand blanc qui veut toujours manger du nègre. Or, ce grand blanc n’avait rien compris à la crise ivoirienne. Qu’est-ce que les choses vont vite ! Courtois comme leur chef, les ouvriers en bleu de travail, ont usé de propos très sélects pour désigner le président d’une autre République. Avant la guerre, ne l’oublions pas, les refondateurs nous avaient fait découvrir un langage manquant d’élégance, surtout quand il s’agit de parler de tous ceux qui n’adorent pas le plus grand de nos historiens. Ils n’ont toujours pas décroché malgré les expériences vécues.
La vérité est que notre boulanger pensait pouvoir endormir le successeur de Jacques, en parlant de son profond sommeil réparateur depuis sa survenue. Apparemment, la mayonnaise n’a pas pris. Depuis Libreville (Gabon), ce dernier a délivré un message qui ne manque pas de piment. A propos du 29 novembre, date présumée de la prochaine élection présidentielle, le successeur de Jacques a dit que venant du boulanger, « cette promesse était fallacieuse ». Pan, sur la tête! Et le sommeil se transforme en un coma politique.
Raoul Mapiéchon