Lundi 06 Septembre 2010
   Dossiers    Publié le: 23/02/2010
Faits marquants
Peuple et institution
Par ordre de priorité ou par hiérarchie de défense, entre le peuple et une institution de la République, quelle est l’entité qu’une armée nationale doit-elle protéger d’abord ? Quand on sait qu’il peut y avoir un peuple sans République et qu’il ne peut pas avoir de République sans peuple, il va sans dire que la protection du peuple prime sur celle d’une institution. En un mot, l’incarnation d’une institution de la République, fut-elle présidentielle, ne peut primer sur la souveraineté d’un peuple. Donc, entre le peuple et une institution, l’armée doit d’abord se soucier du bien-être, de la survie du peuple. Une institution d’une République ne peut avoir un droit de vie ou de mort sur un peuple. Par contre, le peuple a droit de vie sur toute institution d’une République. Le peuple peut se donner un roi, une reine, un président de la République, un Premier ministre pour la gestion de ses affaires. Il peut changer de régime s’il le désire et quand il le souhaite. On a souvent entendu dire, en Eburnie, que l’armée nationale est là pour défendre les institutions de la République, chaque fois que le peuple souverain refuse de se soumettre au diktat d’une institution qu’il a mise en place pour exercer une partie du pouvoir qu’il lui a concédé. Les tenants de ce discours ne se demandent jamais si l’institution qu’ils défendent contre le peuple remplit bien les fonctions pour lesquelles elle a été mise en place. Ils ne cherchent pas à savoir si cette institution n’est pas en train d’outrepasser ses prérogatives. Ils ne se demandent pas si ses agissements ou sa façon de gérer les affaires publiques correspond bien à ce qu’on attend d’elle. Le peuple souverain est-il heureux ? La cohésion sociale est-elle renforcée par les agissements de l’institution pour laquelle l’armée nationale fait tonner les armes contre des citoyens ? Des questions qu’il faudrait se poser avant de mettre en joue, le peuple.
Aujourd’hui, la pauvreté gagne les Ivoiriens. Beaucoup d’entre eux ne mangent plus à leur faim. Un désordre monstre s’est installé dans l’école ivoirienne. Les jeunes n’ont plus de perspectives. Plus les jours passent, plus le pays tout entier sombre dans l’obscurité. La misère n’a plus de visage. Elle est partout. Pendant combien de temps allons-nous courir derrière des élections censées mettre fin à une crise qui s’éternise ? L’institution que l’armée dit défendre a-t-elle déjà offert des perspectives heureuses au peuple ? Des questions, encore des questions auxquelles il faudra répondre pour savoir si on est du bon côté. Parce que le Peuple, c’est l’autre nom de Dieu
Raoul Mapiéchon


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