Le sélectionneur de la Côte d'Ivoire ne fait pas du spectacle une obsession. Il l'a clairement signifié lors de sa dernière conférence avant la victoire contre le Burkina (2-0), le jeudi 26 janvier dernier au stade de Malabo. Soutenu par les joueurs dans cette vision, Zahoui conduit paisiblement sa barque dans les eaux de l'île Bioko à Malabo. Sans véritablement convaincre comme lors de sa première sortie, les Eléphants se sont imposés contre les Etalons pour leur deuxième match de la compétition. Un second succès en deux matchs, synonyme de qualification pour les quarts de finale. «Le plus important», dira le technicien ivoirien à la fin d'une rencontre. Il n'avait pas tort de préparer les esprits à accepter sa manière de jouer. «Ce qui était important, c'était d'atteindre l'objectif et de gagner le match. On était face à un adversaire déterminé à 200% qui avait perdu son premier match. Ils nous ont posé des problèmes mais on a été calmes, patients. Il fallait être serein en défense et ne pas faire n'importe quoi. Je suis satisfait. Il y a des choses à améliorer mais on avance pas à pas. J'ai des joueurs qui ont de l'expérience et qui savent que le plus important est de ramener la coupe. On essaye de ne pas négliger le jeu mais quand on mène, on essaye de ne pas se jeter à l'abordage et de respecter l'équilibre de l'équipe. On n'encaisse pas de buts et on sait qu'une équipe avec une bonne base défensive va loin en Coupe d'Afrique», a déclaré le sélectionneur de la Côte d'Ivoire en conférence de presse. A y voir clair, Zahoui se moque éperdument du beau jeu. Arrivé à la tête d'une équipe qui a perdu trois CAN malgré son statut de favori à chaque édition, le fils du pays s'est donné une mission. Celle de gagner. La manière importe peu. Car, l'équipe ivoirienne n'a pas une grosse maîtrise technique depuis le début de cette 28e CAN Orange. Les erreurs techniques et tactiques sautent même aux yeux des novices. Mais comme le dit Zahoui, «avec une bonne base défensive, on va loin en Coupe d'Afrique». Et il n'éprouve aucune peine à parfaire ce secteur de jeu. Contrairement au milieu et à l'attaque, l'équipe est défensivement mieux organisée. Dans sa volonté de priver l'adversaire du ballon, les attaquants doivent participer au travail défensif. Et contre le Burkina, il n'était pas rare de voir Didier Drogba en milieu récupérateur, Gervinho et Kalou en latéraux. Pour la culture de la gagne voulue par le sélectionneur des Eléphants, tout le monde est concerné par la récupération. «Nous sommes un groupe et chacun joue pour l'équipe. C'est dans cet état d'esprit qu'on atteindra notre objectif», a confié Gosso Gosso, replacé en latéral droit contre le Burkina. Une option de jeu qui n'ouvre pas nécessairement des solutions en phase offensive. Les contres étant mal négociés du fait du manque de mouvements et de solution pour le porteur du ballon. Kalou, Gervinho, Yaya Touré, n'hésite pas à temporiser pour attendre du soutien parce que l'équipe étant descendue pour protéger les cages par Copa Barry. Un aspect sur lequel doivent travailler le coach et son staff. L'option défensive n'est pas mauvaise en soi car la Côte d'Ivoire, en deux matchs, a inscrit trois buts pour zéro encaissé, mais il va falloir demander aux hommes de couloir (Gervinho et Kalou) d'être plus incisifs, tranchants. En un contre un, ils peinent à trouver la solution. Pour le moment, tout a parfaitement fonctionné, même si c'est dans la douleur. Mais, il va falloir faire mieux. OUATTARA Gaoussou à Malabo